Le nègre de Napoléon de Raymond Chabaud

Publié le par Jean-Louis Dragon

Le nègre de Napoléon de Raymond Chabaud

Mode SP Livre lu en octobre 2015 - Éditions HC

Nombre de pages : 200

ISBN-10: 2357202491

ISBN-13: 978-2357202498

Présentation de l'éditeur :

Peut-on être martiniquais, noir, abolitionniste, officier de la Légion d'Honneur, général nommé par Napoléon sur le front et membre de l'état-major de Louis XVIII ? L'histoire de Joseph Serrant débute dans l'époque troublée de la Révolution pour s'achever dans le morne conformisme de la Restauration. Cordonnier à Saint-Pierre, il s'active dans le Club des jeunes citoyens, se bat pour l'abolition avec Louis Delgrès : tous deux participent, dès 1792, à la première abolition qui ne durera guère. Puis c'est la guerre où il peut enfin exprimer sa bravoure : Napoléon le nomme général après la victoire d'Ostrovno. Joseph Serrant est le seul métis élevé au grade de général par Napoléon, le seul métis général d'Empire. Chabin, aux Antilles, Joseph est Noir. En Europe, seul officier métis dans une armée qui n'en compte guère, il est vu comme Blanc. Aux Antilles, révolutionnaire, Joseph se prend d'une passion pour la Nation. En France, la Nation jacobine lui fera oublier la singularité antillaise. L'histoire de Joseph Serrant est une histoire moderne, une histoire d'homme déplacé qui perd ses repères et doit s'en construire de nouveaux. Personne ne sait qui il est. Comment le saurait-il lui-même ?

Mon avis :

En écrivant ce livre, Raymond Chabaud rend un superbe hommage à Joseph Serrant et le tire de l’oubli.
Un oubli que connaissent en majorité les êtres humains après leur mort, faut-il le signaler.
Mais là n’est pas la question. Tout le monde n’est pas le formidable militaire qu’a été Joseph Serrant.
La période napoléonienne est une période riche et intense. On connait tous plus ou moins cette époque. Personnellement, je la connais moyennement et il ne va pas s’en dire qu’avec Le Nègre de Napoléon, j’ai donc appris beaucoup de choses.
Cependant, ce livre n’est pas un cours d’histoire à proprement parlé, d’une part parce que c’est tout d’abord une biographie et d’autre part, parce que c’est écrit de façon plus ou moins romancé.
Entre deux citations de Joseph Serrant, l’auteur conte avec ses propres mots la vie de celui-ci. Et cette vie ne manque pas d’intérêt !
Alors oui, Joseph Serrant n’était pas vraiment de peau noire. Il était né métisse et sa peau tirait plus vers le clair. Ses origines, il les dénigrera pendant toute sa carrière et gravira les échelons de l’armée pour obtenir officiellement le titre de général et officieusement, de la bouche de l’empereur, celui de Baron. Mais à la fin de sa vie, ses origines finiront par le rattraper, il n'aura pas le fameux titre de noblesse tant désiré. Tout finit par se savoir dans une existence...
La carrière de Joseph Serrant est remarquable. J’ai été fasciné par l’ordre militaire déjà bien en place en ce temps-là.
On apprend beaucoup sur la Martinique au temps de la révolution et c’est aussi passionnant.
Alors, certes, ce livre foisonne de bataille et on est tout le temps dans la guerre. C’est un peu lassant parfois et il faut bien suivre, mais Joseph Serrant était général et pas boulanger de son quartier. Il aurait pu être cordonnier, mais il a choisi une autre voie et quand bien même, il aurait été cordonnier, Raymond Chabaud n’aurait jamais écrit s
ur son cas. Alors…

Alors en définitif, c’est une très bonne biographie que nous avons là. Une biographie qui a le mérite de raconter également une époque connue d’un point de vue différent.

Note globale : 16,5/20

Publié dans Auteur Lettre C

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